Marie Pilliez
Glaverbel réduit les accidents de travail
Récemment, Glaverbel a fait appel à la compétence de à Hermès dans le cadre de plusieurs journées de formation qui ont rassemblées un total de 300 personnes. C’est la formule Business Theatre accompagnée de Worshops qui fut choisie. Une rencontre avec Marie Pilliez, responsable de ce projet chez Glaverbel…
D’abord, pourrions savoir quels étaient les thèmes généraux que vous souhaitiez aborder lors de ces journées de formation ?
Chez Glaverbel nous sommes soucieux de réduire au maximum les accidents du travail. Améliorer la sécurité est d’ailleurs notre objectif depuis l’an dernier. En effet, nous avons remarqué que les accidents sont plus liés à des comportements inadéquats qu’à des problèmes de machines. C’est donc vers une plus grande sensibilisation du personnel que nous nous sommes orientés. Dans ce cadre, nous avons développé toute une série d’actions, comme des campagnes d’affichage mais nous voulions quelque-chose de plus fort, de plus percutant pour conscientiser tout notre personnel ouvrier et toute la ligne hiérarchique, du brigadier au comité de direction. L’un de nos directeurs avait suivi une formation en management qui utilisait le théâtre en entreprise. Cela l’avait intéressé et convaincu. Un autre membre du personnel avait, de son côté, assisté à une démo d’à Hermès. Le théâtre en entreprise, par sa nouveauté et sa façon particulière d’approcher les choses, nous semblait l’outil le plus approprié pour nous aider à cette prise de conscience du personnel.
Pas d’appréhension de la part du personnel ?
La participation était obligatoire. D’emblée, nous avons voulu préserver l’effet de surprise. Nous ne voulions pas que les gens y aillent avec des pieds de plombs ou, pire, avec des appréhensions. C’est l’effet électrochoc que nous voulions avoir. Un challenge car il fallait que tout le monde le vive plus ou moins en même temps. Nous avons donc organisé 3 formations par semaine. Un beau succès lorsqu’on sait que, sur 300 personnes, seulement 5-6 personnes n’ont pu participer pour cause de maladie !
Pas de craintes par rapport à l’utilisation du Théatre en Entreprise en tant qu’outil de formation, non plus ?
C’est vrai que c’est une démarche inhabituelle. Notre but était de provoquer les gens mais c’était aussi un gros investissement financier pour notre entreprise. Nous avions certaines craintes, c’est vrai : peur que ce ne soit pas en adéquation avec le message à faire passer, avec la réalité du terrain. Nous craignions aussi que les participants du premier groupe ne prennent cela pour un jeu et que cela démotive les groupes suivants. Un avantage : les délégués syndicaux étaient avec nous ! C’était tout de même un gros pari à prendre mais nous étions aussi persuadés que le théâtre en entreprise, c’était le meilleur outil pour faire changer les comportements.
Pourquoi le théâtre en entreprise vous semblait-il l’outil le plus performant par rapport à une formule plus classique ?
Parce que ce n’est pas statique ! Une formation classique aurait été trop scolaire. N’oubliez pas qu’un public ouvrier n’a pas l’habitude de rester 8 heures assis devant un formateur. Ici, nous abordions les problèmes de façon beaucoup plus visuelle : c’est mieux de montrer l’intérêt de porter des gants que de le répéter sans cesse par écrit. Autre avantage de cette formule : nous avons pu faire des groupes qui mélangeaient les ouvriers et la ligne hiérarchique. C’est plus riche et ça a permis à tout le monde de communiquer, tous ensemble.
Ca a donc créé un lien plus fort entre les ouvriers et la ligne hiérarchique ?
Bien sûr, et ce n’est qu’un début ! Beaucoup d’échanges se sont faits lors de cette formation. Les langues se sont déliées et ça va aider à améliorer la communication entre tout le monde.
Grâce à cette formation, nous nous sommes rendu compte qu’il y avait vraiment un problème de communication et que tout cela doit être amélioré. Le personnel manifeste l’envie de s’exprimer et a besoin d’être écouté. Et c’est là le problème : les ouvriers ont parfois l’impression de ne pas être entendus parce qu’on ne leur explique pas pourquoi leurs demandes ne sont pas toujours concrétisées. Nous sommes très exigeants sur certains points et beaucoup plus laxistes sur d’autres. Alors, les ouvriers ne comprennent plus ! Par exemple : on autorise parfois le transport d’un vitrage de plus de 500 kg avec une ventouse alors que c’est interdit mais, dans le même temps, on oblige le personnel à porter des gants partout même quand ce n’est pas réellement nécessaire. Il faudrait que la ligne hiérarchique justifie ces deux situations.
Alors, le théâtre en entreprise, ce serait une solution miracle ?
C’est un outil ponctuel qui doit être en parfaite adéquation avec le message véhiculé. Ce n’est pas le théâtre en entreprise qui va tout régler mais il vient s’insérer dans une volonté de faire bouger les choses. C’est après que tout est à construire pour faire continuer le processus. Et, j’irais plus loin, si on ne met pas en place certaines choses pour encourager le changement, le théâtre en entreprises peut même être plus nocif qu’autre chose !
Je crois que cet outil répond aux grand enjeux de la communication d’entreprise sur trois niveaux principaux : faire comprendre (le théâtre est plus parlant qu’un long discours), faire adhérer et faire agir… Et pour ce dernier point, comme je l’ai dit, il faut un réel suivi de la part de la direction.
Une fois la décision de faire appel à la société « à Hermès » prise, comment tout cela s’est-il enclenché ?
Très simplement. Luc Roenen, formateur chez « à Hermès » a pris contact avec notre conseiller en prévention puis, dans la mesure du possible, il a rencontré tout le monde, le DRH, le chargé de formation, le responsable de production, le responsable de la maintenance et tous les ingénieurs. Chacun a pu donner son avis pour que ça colle le plus possible à la réalité de notre usine.
Et en finale, quelles sont vos impressions suite à la prestation d’à Hermès ? A-t-elle répondu à vos attentes, à vos objectifs ?
Nous sommes vraiment contents. Dès la lecture du texte, nous avons été surpris car c’était très pro et nos objectifs avaient été bien compris et pris en compte. Le texte collait vraiment à la réalité de terrain. Nous étions inquiets pour la première séance, surtout pour les workshops, mais les retours ont été positifs dès le début. En plus, l’encadrement et le discours étaient très pertinent et très professionnel.
La première séance a donc créé une sorte d’émulation ?
Incontestablement. La majorité des gens se sont encouragés les uns les autres. Ils étaient curieux et savaient qu’ils allaient s’amuser. Bien sûr, tout le monde n’a pas trouvé cela génial et certains prétendent même qu’ils n’en ont rien retiré. Mais là, c’est sans doute parce que ce n’était pas scolaire et qu’ils n’en sortaient pas avec un syllabus. A mon avis, ceux-là ne sont pas encore conscients qu’il y a des choses qui ont changé en eux et que c’est plus tard que ça se mettra en place.
INTERVIEW – GLAVERBEL – Marie Pilliez
