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Le jeu sifflera 3 fois…

Active depuis presque 20 ans, A HERMES propose des formations qui sortent des sentiers battus. Faisant de l’humain son cœur de métier, A HERMES met en place des approches variées de la formation, allant des saynètes interactives interprétées par des comédiens à la mise en situation des participants eux-mêmes. Entretien avec Sabine Muller, directrice opérationnelle chez A HERMES…

Comment est née A HERMES ?

S.M A HERMES existe depuis 1991 et l'idée est venue du Canada. En fait, on fait partie d'un réseau international dont une des filiales, qui a été la première à créer l'idée du théâtre d'entreprise, se trouve au Québec. Et c'est le concept de cette filiale-là qui a été importée en France puis en Belgique. A HERMES a été la pionnière du théâtre d'entreprise en Belgique.

Le lien entre la formation et le théâtre vous semblait-il évident ?

S.M.  Oui. J’ai connu A HERMES alors que j’étais responsable des formations dans une multinationale. J’ai été invitée comme cliente potentielle par A HERMES à une démonstration du théâtre d’entreprise et je me suis dit : «Bon sang, mais c’est bien sûr ! Voilà un concept génial», surtout pour les formations comportementales».

Voir des comédiens jouer des comportements permet aux spectateurs de s’identifier à eux. Les gens sont plus directement prêts à accueillir une évolution de comportement grâce à l’outil du théâtre, car c'est présenté de manière humoristique et vivante. Ce ne sont pas des concepts théoriques.

Le théâtre n’effraie-t-il pas les participants ?

S.M.   Non, justement, ils sont bien à l’abri car ils sont spectateurs et ce se sont les comédiens qui vont être leurs porte-paroles. Notamment, dans une des approches pédagogiques qu’on appelle «Impro’ve» et qui sont des saynètes évolutives. On part de saynètes déjà rédigées (prêtes à jouer) ou de saynètes sur mesure et le public intervient pour faire évoluer cette scène, mais sans se mettre en danger. Une partie du public coache le comédien qui joue, p. ex., le rôle du manager, l’autre partie coache le comédien qui joue le collaborateur. Ils vont simplement dire au comédiens de se comporter comme ça, de dire ceci… Et ils ont pour mission d’arrêter la scène dès que ça ne se passe pas comme ça devrait se passer. Ce qui va permettre à cette scène d’évoluer et d’arriver à un résultat  satisfaisant pour le public.

A côté de ça, on dispense aussi des formations avec de réels jeux de rôle (maximum 10 à 12 personnes) et où se sont les participants qui vont se prêter au jeu, toujours avec les comédiens et non avec un collègue.


Quels thèmes se prêtent davantage mieux à la mise en scène ? Gestion de conflit ? Communication ? Gestion des réunions ?


S.M.  Dès qu’on parle de communication interpersonnelle, de relations entre les personnes, on peut évidemment les mettre en scène, vu que ce sont des comportements, des paroles, des attitudes. Dès qu’il s’agit de «l’humain qui communique avec l’humain», on peut le mettre en scène. On a travaillé notamment avec quelques entreprises dont la «sécurité» est une des priorités : toutes les attitudes des gens face aux règles de sécurité sont très propices à être mises en scène. Mais c’est un exemple parmi des centaines d’autres…

 

Comment s’organise une formation basée sur l’intervention de comédiens ?

S.M.   Une première réunion a lieu avec le client et le chargé de projet, qui a pour but d’établir réellement les besoins et le thème central de la formation. En plus, selon les formules, une personne de chez A HERMES se rend dans l’entreprise pour y rencontrer quelques personnes du public-cible afin de s’imprégner de la réalité du terrain. Sur base de ces informations seront créés le fil vert, la structure de l’intervention et aussi, si nécessaire, les canevas prédéfinis d’improvisation ou les saynètes sur mesure. Si on pense au théâtre d’entreprise, il y a toute une méthodologie à suivre : descriptif du scénario, validation auprès du client, les répétitions, etc.

 
Les collaborateurs de A HERMES sont avant tout des comédiens ou des formateurs ?

S.M.   [rire] On est avant tout polyvalent. C’est notre spécificité, on est à la fois comédien et formateur. On n’est pas d’abord l’un et puis l’autre, on porte vraiment les 2 casquettes. C’est ce qui fait notre force. Dans les improvisations, on peut avoir un comédien qui ensuite change de rôle et devient facilitateur, formateur. On a tous un parcours artistique. On fait évidemment appel à des comédiens purs si on n’a pas besoin de porter les 2 casquettes en même temps. Mais le noyau dur de A HERMES possède les 2 compétences


Quels sont les atouts, selon vous, de ce genre de formations par rapport aux formations dites plus traditionnelles ?

S.M.   Les atouts, c’est le fait qu’on touche les gens dans un aspect pluridimensionnel. On ne va pas simplement s’adresser à leur mental. Les aspects corporel, émotionnel, relationnel sont aussi touchés. Nous proposons une mise en mouvement de ce que les gens ont souvent en eux à l'état théorique et ne parviennent pas à appliquer. Le formateur fait éclore ce que les gens ont en eux, aussi en facilitant les échanges entre participants.

Cette approche éclosive part du principe que les participants doivent d’abord expérimenter une situation, disposer ensuite d’outils théoriques, qu’ils vont appliquer enfin à travers des jeux de rôle ou d’autres mises en situation.

A la fin de la formation, on leur demande de s’engager à appliquer une chose apprise pendant la formation.

 

Quels sont les principaux défis que A HERMES doit relever aujourd’hui en temps de crise et à l’avenir ?

S.M.   Si on se limite au théâtre d’entreprise, on ne va pas pouvoir continuer à se développer. On se dit très flexible, on se doit donc de le prouver en proposant d’autres formules, d’autres approches. C’est la raison pour laquelle on se focalise pour l’instant sur le blended-learning, qui est une combinaison de formules de formation différentes. A HERMES partage ses locaux avec 2 autres sociétés : Now.be et Alvos Film. On peut donc proposer aux clients des parcours de formation qui vont mettre nos 3 compétences en avant : par exemple commencer par l’e-learning (Now.be), puis passer à une formation en présentiel avec les comédiens comme outils de support (A HERMES) et puis organiser 2 à 3 capsules vidéo de la formation de quelques minutes à mettre sur l’intranet du client (Alvos Film) comme rappel de la formation, par exemple. Le réel défi est de rester innovant dans les approches proposées.    
 

Propos recueillis par Béatrice Morais
Rédaction HrWorld

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